Le 1er mai prochain, de nombreux pays du monde célèbreront la fête du travail. Pour la plupart d’entre nous, ce sera l'occasion de profiter d’une belle journée chômée. Les origines, l’histoire et la signification du 1er mai sont pourtant peu connues. Pourquoi a-t-on choisi cette date ? Qu’est-ce qui unit, le temps du 1er mai, des pays aussi divers que la Belgique, la Finlande, la Roumanie ou le Laos ? Quel est la valeur du travail? Le 1er mai, c’est une longue histoire, qui n’a pas toujours été de tout repos.
L’idée d’une fête du travail voit le jour au moment de la Révolution française. En 1793, Fabre d’Églantine, ami de Danton, est le premier à instaurer une telle célébration dans le calendrier républicain au 1er pluviôse (fin janvier). Paradoxalement, c’est outre-Atlantique qu’il faut aller chercher les origines du 1er mai, aux États-Unis, où ce jour n’a jamais été férié. En 1884, les syndicats américains se donnent deux ans pour obtenir la diminution de la journée de travail à huit heures. Ils choisissent de lancer leur action le 1er mai, date à laquelle bon nombre d’entreprises entament leur année comptable.
Travailler, c'est agir pour assurer sa survie et son confort sur les plans matériel et intellectuel. Le confort nécessite plus de travail que la survie, mais il est plus satisfaisant. Assurer sa survie matérielle, c'est pouvoir manger, s'habiller, s'abriter et se soigner. Assurer son confort matériel, c'est pouvoir choisir et améliorer ses conditions de vie matérielle. Assurer ses besoins intellectuels, c'est apprendre à parler, lire, écrire et compter. Mais c'est aussi se cultiver, se distraire, raisonner, etc.
Les hommes ne peuvent pas subsister sans travailler. En effet, la nature ne peut pas donner à l'homme tout ce dont il a besoin. Certes, la nature offre des ressources. Mais il faut quand même faire un certain travail pour les obtenir et les transformer. La nourriture ne vient pas toute seule dans la bouche, et les vêtements ne se trouvent pas tous faits dans la nature. Le travail est donc indispensable à la vie de chacun, quel que soit son niveau de vie.
Chaque homme a le devoir de travailler. La charité, qui est la loi du partage, ne doit pas inciter à la paresse. Un homme valide n'a pas le droit de dépendre du travail des autres. Chacun doit compter sur ses propres ressources et ses compétences pour assurer ses besoins. Tout le monde doit pouvoir apporter sa contribution et échanger le fruit de son travail avec les autres.
Le travail est valorisant pour l'homme
Le travail permet à l'homme de jouer un rôle dans la société. Le résultat de son travail a une valeur reconnue par ses semblables. L'homme se rend et se sent utile. Il est acteur de la vie économique et sociale. Il acquiert ainsi une signification aux yeux des autres.
Le travail apporte le respect des autres. Un homme qui travaille et produit ne se plie pas devant son semblable pour quémander son aumône. Il est pris en considération par ses semblables. Celui qui travaille peut assumer ses responsabilités en assurant sa survie et celle de sa famille. Et il gagne en estime autour de lui quand le travail est bien fait.
Trouvez le travail qui vous convient, et vous serez heureux. Ne vous laissez pas imposer des travaux qui vous épuisent et vous font perdre du temps. Faites le travail qui vous plaît et dans lequel vous pouvez donner le meilleur de vous-même, investir totalement intelligence et énergie.
Mettez de l'amour dans votre travail. Un travail sera bien fait s'il est conditionné par l'amour de le faire. Et il sera béni s'il est fait avec l'intention d'aider à la survie et à l'épanouissement de la famille.
Mais il n'y a pas que le travail dans la vie. Après votre travail, organisez-vous des loisirs pour vous donner du plaisir, récupérer des forces, entretenir votre santé. Travail et loisir sont tous deux indispensables pour un bon équilibre de vie.
1er mai à travers le monde
Le 1er mai 1886, à Chicago, 400 000 salariés manifestent pour revendiquer la journée de 8 heures. Ils paralysent ainsi l’activité du pays pendant 3 jours. À la fin du XIXe siècle, en hommage aux syndicalistes américains qui ont obtenu la journée de huit heures, les Européens instituent une «journée internationale des travailleurs» ou «Fête des travailleurs». Improprement appelée «Fête du Travail», elle est commémorée par un jour chômé le 1er mai en France et dans la plupart des pays... mais pas dans tous.
En Allemagne, le 1er mai est chômé comme en France.
En Belgique et au Luxembourg, le 1er mai est chômé et les partis socialistes en profitent pour défiler et réaffirmer leur ancrage à gauche.
Aux Pays-Bas, comme en Suisse, le 1er mai reste ordinairement ouvré. . Quelques entreprises et organisations internationales concèdent cependant à leur personnel un jour de congé en l'honneur de la Fête du Travail.
En Australie, quelques syndicats socialistes ou communistes défilent à l'occasion du 1er mai. Mais la Fête du Travail est officiellement commémorée à d'autres dates : le 4 mars en Australie occidentale, le 11 mars dans l'État de Victoria, le 6 mai dans le Queensland et le territoire du Nord, le 7 octobre à Canberra (la capitale), en Nouvelle-Galles du Sud (Sydney) et en Australie méridionale.
En Amérique latine, Brésil compris - commémore la Fête du Travail en chômant le 1er mai. Mais, comme ailleurs, les défilés syndicaux ont largement cédé la place à des activités ludiques: pique-niques, football....
Au Mexique, le 1er mai marque la fête de l'été avec la fin de la récolte des tomates et d'autres produits agricoles.
Au Paraguay, en 2002, le chef de l'État a tenté de remplacer le 1er mai par le premier lundi de mai (à la manière britannique). Mais l'opinion publique a rejeté cette réforme et, le 1er mai, on continue de célébrer la fête du travailleur («el díadeltrabajador») : ce jour-là, les patrons invitent leurs employés à partager un «asado» (sorte de barbecue).
Les Japonais ne célèbrent pas la Fête du Travail mais la première semaine de mai, dite «Semaine dorée», donne lieu à des festivités et des jours chômés.
Au Royaume-Uni, ce n'est pas le 1er mai qui est chômé mais le premier lundi de mai... ce qui permet aux salariés de bénéficier chaque année d'un week-end prolongé.
États-Unis et Canada : Même pragmatisme aux États-Unis et au Canada où la Fête du Travail est célébrée le 1er lundi de septembre
Quelques syndicats québécois manifestent néanmoins le 1er mai en solidarité avec leurs homologues européens.